RASSEGNA STAMPA
“Danse” Luglio 2004Fumée, chocolat, plaisir de vie et de théâtre avec EgriBianco à Turin Turin est la capitale du Piémont, mais aussi du chocolat, de l'automobile et de la mode, du cinéma d'antan sans oublier ses célèbres gâteaux et gourmandises. Turin, ville calme, silencieuse, réservée au passé très riche. EgriBiancoDanza, la très belle compagnie turinoise, a pensé à tout ça et aussi à un spectacle finalement amusant, hors d'un tas d'horreurs, de calamités, de visions sanglantes et d'Islam, aussi sur scène, hélas ! Un spectacle sur les délices de la vie qui à la fin est délicieux. Suzanna Egri nous donne l'alpha et l'oméga d'hier ou de l'avant-hier appartenant à l'histoire du costume et du social à travers le goût et l'alimentation, selon nos traditions les plus enracinées. Un peu avec l'air pincé, très pomponné, respectueux de la technique et du style, Suzanna Egri a proposé Le Tabac un ballet de cour de Turin à l'époque de Filippo d'Agliè, (1650). Avec un petit clignement d'yeux, un peu didactique et beaucoup philologique, elle restitue les mouvements, les manières exactes des images précieuses que l'on peut admirer dans les planches fameuses gardées à la Bibliothèque Nationale de Turin La parade se déroule élégante et raffinée, souple et pleine de caractères. Dans la deuxième partie Raphaël Bianco se jette, tête baissée, dans l'histoire e nous donne la représentation presque rocambolesque, certainement rapide et ironique, du chocolat, véhicule aux transports d'amour, aux assauts de la passion mais aussi à la recherche de l'exotique sur le sillage des aromates et de parfums nouveaux. Un tableau observé, médité avec autant de passion et d'acuité d'esprit. La Chorégraphie de Bianco est juteuse (pur cause), s'appuie sur la dynamique du mouvement, sur les entrelacements et les embrassades des couples à la découverte du breuvage exquis. Dans cette compétition excelle Ivano Rossetti mais les autres danseurs sont fort bien guidés dans un groupe renforcé : Fabio Bellitti, Bianco, Vanessa Carlassara, Muriel Romero, Monica Garcia, Loris Zambon, Pier Carlo Gozzelino, Gianluca Martorella. Emanuele Luzzati donne une magnifique théâtralité à son décor (la plante du cacao caressée par un rideau du XVIIIème siècle). N'oublions pas les trés beaux costumes de Germana Landolfi, les participations de Roberto Piana (Filippo d'Agliè) et de Raffaella De Vita. Une soirée pleine d'enchantements, terminée par les applaudissements les plus festoyant. Un spectacle à revoir aux Jeux Olympiques du 2006, justement pour fêter les traditions du noble Piémont et sa tere généreuse, y compris les célèbres gianduiotti
(Alberto Testa)
“Danse” Febbraio 2003Compagnie EgriBiancoDanza … En création mondiale, Le Faune de Raphaël Bianco. Toujour surprenant par la varieté de ses thèmes, l'éclectisme de son style, Raphaël nous offre une œvre profonde, se penchant sur la solitude du faune. L'action se situe dans un collège. Les décors sont d'une étonnante sobriété, trois lits au fond de la scène, une porte centrale, une autre latérale. L'œil est dépouillé de tout artifice. Raphaël Bianco, qui a souvent décrit l'univers féminin, se lance dans l'analyse de celui de l'homme, avec cette intelligence aiguë des situations qui lui est particulière, son extrême sensibilité, dans la perception des fils conducteurs des émotions qui autorisent la compréhension profonde de la psycologie des personnages. Dans un paysage onirique Raphaël Bianco nous introduit dans un monde clos, à la limite de la douleur, de la solitude de tous les jours. …Ce Faune réussit son lien avec l'Histoire de la Danse. Comme Nijinsky, Raphaël Bianco s'intéresse avant tout à l'essence de l'âme humaine, qu'il scrute à merveille. … ( Céli Barbier) “La Repubblica” 23 maggio 2003La Trilogia di Raphael danza raffinata e colta Un Fauno misuratamente pedofilo, due Serve morbosamente en travesti ,…: sono i temi intriganti della trilogia che conferma Raphael Bianco coreografo di sedimentata cultura, letteraria e ballerina, francese e mitteleuropea, ampiamente dispensata nelle numerose citazioni, da Cocteau a Mats Ek. Nella rilettura di Bianco, anche protagonista eccellente del ruolo che alla “prima” fu di Luigi Bonino, il Fauno è un precettore feticista e manierato, che respira atmosfere soffocanti e strindberghiane. Anche le applauditissime Bonnes di Genet-Bianco, …sono interpretate da due danzatori en travesti , di bella tecnica e impatto teatrale come tutta la Compagnia, a suo agio nell'esotica scenografia di Guglielminetti, nei preziosi costumi della stilista Chiara Boni e tra le note originali di Pietro Pirelli… (Claudia Allasia) “Les italiens” Novembre-Dicembre 2003Un miracle qui s'apelle Raphael Bianco Chaque spectacle de Raphael Bianco nous émerveille. Raphael Bianco est jeune. Il est donc logique que nous puissions attendre de sa part un “work in progress”, mais il y a quelque chose de plus qui n'est pas uniquement une maturation naturelle. Il y a étude, recherche, approfondissement dans l'inspiration et dans la poétique. Bianco ne se borne pas à la recherche de thèmes, de plus en plus amples et médités; il s'écarte du danger de la mode coûte que coûte, bâtit ses chorégraphies selon les sacrées règles, on peut lire ses œvres et on les comprend: son dessin chorégraphique poursuit le propos délibéré de se faire comprendre sans décrire, fidèle à un langage vraiment moderne, avant d'être contemporain et à une école d'ambivalence technique éclairée, à une esthétique qui est tradition et qui à Turin a des racines solides qui s'apellent Susanna Egri. L'après midi d'un faune , est une relecture de Mallarmé, de Debussy, et aboutit à l'allumage sensuel et maladif du sexe. … Fascinante, après le faune, la transposition chorégraphique de la célèbre pièce de Jean Genet, Les Bonnes . Ici, Raphael a inventé, développé, agrandi son sens du théâtre, d'une chorégraphie orientale (lui, justement d'origine indienne) avec significations très développées de l'éternelle thématique amour-haine. … (Alberto Testa)
“Danse” Maggio 2002Merveilleux Raphaël Bianco Per seguir virtute e conoscenza…fatti non foste a viver come bruti. (Pour suivre vertu et connaissance, vous n'êtes pas fait pour vivre comme des brutes). Ces vers de Dante Alighieri (chant XXVI de la Divine Comédie) reflètent bien les préoccupations politiques, spirituelles de l'auteur, par rapport à son temps, ainsi qu'une réflexion sur la Morale. Raphaël Bianco a choisi ce vers comme titre de sa dernière création, Per seguir virtute e conoscenza. Dans sa chorégraphie Raphaël a su, à travers une succession rapide de tableaux se rappotant à l'évolution de l'homme, nous parler d'un tout en permanente quête du tout. L'homme primitif, nu, semble prisonnier de sentiments très denses, de domination du territoire, (que ce soit le plus insignifiant des espaces intérieur) et de sentiments belliqueux pour les défendre. Ulysse, le héros voyageur, quittera des pays où à chaque fois il abandonna la mémoire d'autres territoires, d'autres ports, d'autres villes, cultures chaque fois davantage appauvries du « soi-même », enrichies d'universel. Comme lui, l'homme quittera petit à petit sa nudité, pour s'habiller d'esprit, explorant de nouveaux horizons de connaissance, dans l'aspiration d'atteindre l'Inconnu, de joindre le cosmos. Des projections, visages déformés, des feuilles, des bruits, un paysage jaune, des textes. Raphaël Bianco sait très bien construire des états préparatoires pleins d'émotion et de raffinement. Une ancienne carte du monde nous montre des pays lointains. Sur elle sont inscrits quelques-unes de nos sens : « Auditus, Odoratus ». La musique de Kurteg est si puissante, si affligeante lorsque la carte du monde s'efface… Quelqu'un court nu, contre un cercle de lumière, désemparé…les croisées des corps rappellent des crucifixions. Quelqu'un à l'aide d'un corde, semblerait s'évader dans l'Espace. Il part encore sana réponses : « nos conquêtes scientifiques ne résolvent pas les interrogations del'Ame » écrit Raphaël Bianco Per seguir virtude e conoscenza est une œuvre belle,qui marque certainement, après A propos de Carmen l'évolution artistique de Raphaël Bianco vers une maturité rare à son âge. Il a peine 30 ans. Igor Abbà, Andrea Bena, Filippo Carvazzin, dansent d'une manière tout à fait remarquable. Vito Luciani a une éclatante présence scénique liée à de belles possibilités techniques. Pour clore la soirée, A propos de Carmen dont nous avons parlé dans le numéro 154 à propos de sa création mondiale lors du Festival de Printemps à Budapest. Au contraire de beaucoup d'œuvres chorégraphiques, A propos de Carmen peut être vu et revu avec attention et intérêt. On Y découvre toujours du nouveau, des détails qui nous ont échappés…l'œuvre change continuellement, plus riche encore de poésie, d'émotion, de magie. Susanne Egrie situe la ligne artistique de l'Ensamble qu'elle dirige aux côtés de Raphaël Bianco : « Nous ne nous insérons pas dans la voie des tendances de la mode. Au contraire, nous essayons d'avoir continuellement, un langage élaboré qui s'assimile à l'air du temps, mais qui a besoin d'un ingrédient qui évite l'épuisement. Cet ingrédient est le ballet classique, l'unique tradition de la « danse théâtrale » en Europe Occidentale que nous ne pouvons ignorer. Aujourd'hui règne la culture de l'user-jeter. Nous sommes en contre contrant. Nous sommes des enfants anormaux et solitaires. » Pas vraiment solitaires , Susanna, les acclamations du public le démentent. (Céli Barbier)
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